«Remontez
votre braguette et dégagez d’ici»
Minuit. Les dix-sept
véhicules de l’unité mobile d’intervention
sur Paris (UMIP) se déploient sur la capitale. Du petit délit
aux grosses infractions, la nuit s’annonce mouvementée!
0h10,
sur les Champs-Elysées :
Un des agents de police :
– Excusez-moi Monsieur. Vous ne pouvez pas stationner ici, il
faudrait bouger votre véhicule.
Le conducteur de la Porsche :
– J’en ai juste pour deux minutes, je vais voir un truc
dans le bar juste là et je reviens.
– Ça ne va pas être possible Monsieur, même
deux minutes! Vous stationnez sur un passage piéton et vous
gênez la circulation, alors dégagez votre véhicule!
– Comment ça dégage? Tu ne me manques pas de respect! Tu ne me dis pas dégage! Ça va pas ou quoi!
– Déjà je n’ai pas dit dégage, mais
dégagez. Alors vous allez baisser d’un ton. Remontez dans
votre véhicule et dégagez si vous ne voulez pas de problèmes.
– Non, non, je ne dégage pas!
Tu ne me parles pas comme ça, tu parles trop mal toi!
Le commissaire intervient :
– Puisque vous ne voulez pas vous calmer Monsieur, nous allons
procéder à la vérification des papiers du véhicule.
– Putain, il ne manquait plus que ça!
– Ça ne sert à rien de vous énerver Monsieur,
vous allez nous faire perdre du temps. Vos papiers, s’il vous
plaît.
- Tout ça pour deux minutes, même pas, juste pour casser
les couilles aux gens!
Après un passage au « fichier » afin de vérifier
les papiers du véhicule et les antécédents de l’automobiliste,
l’agent reprend :
– Tout est en règle. On est vendredi soir, on va être
sympa, on ne va pas verbaliser pour mauvais stationnement, sans parler
de votre comportement face aux forces de l’ordre! Alors vous
allez remonter dans votre véhicule et trouver une vraie place! Bonne fin de soirée.
- Merci, au revoir, conclut le conducteur, visiblement soulagé.
La patrouille se poursuit dans un quartier réputé pour
l’échangisme. De nombreuses voitures stationnent, leurs
conducteurs attendent que des couples viennent les voir pour partir
à plusieurs… La voiture de police s’arrête
à hauteur d’un véhicule en stationnement.
Le policier : – Bonsoir Monsieur! Qu’est ce que vous faites
là?
L’homme : – Rien.
– Si vous ne faites rien, vous ne pouvez pas rester ici Monsieur!
– Pourquoi? Je ne fais rien!
– Est-ce un endroit pour stationner ou une place de parking Monsieur?
– Euh…non.
– Alors je vais vous demander de partir d’ici!
– Mais je suis comme ceux d’en face, j’attends!
– Et qu’est-ce que vous attendez comme ceux d’en face,
Monsieur?
– Rien.
– Vous n’attendez rien? Vous attendez la neige peut-être?
– Oui… Oui, j’attends la neige.
– Vous vous moquez de nous, Monsieur? Remontez votre braguette
et dégagez d’ici s’il vous plaît!
– Mais…
– Il n’y a pas de mais! Allez, tout de suite!
L’homme s’exécute enfin.
Un peu plus tard dans la nuit. Les policiers remarquent une voiture
au pare-brise fissuré, un carreau cassé et des plaques
d’immatriculation qui n’ont pas l’air en règle.
Ils s’arrêtent à côté du véhicule.
Un couple se trouve à l’intérieur.
Un des agents : – Bonsoir, Messieurs Dames! Que vous est-il
arrivé?
L’homme : – C’est accident. L’homme ne parle
pas très bien français. Il répond comme il le peut
aux policiers.
– Vous savez que c’est dangereux de rouler comme ça,
Monsieur? Si le pare-brise éclate pendant que vous roulez, vous
imaginez ce que ça peut faire?
Au même moment, une voiture s’engage dans la rue. Elle est
bloquée par la voiture de police. Le conducteur klaxonne avec
insistance, ouvre sa vitre mécontent : il n’avait pas vu
qu’il s’agissait d’un contrôle de police.
Le commissaire : – Vous êtes pressé?
Le conducteur : – Oui je suis pressé!
– C’est dommage ça, Monsieur, car nous allons
procéder à un contrôle des papiers du véhicule!
– Ah, vous êtes de la police! Excusez-moi, Monsieur, je
n’avais pas vu!
– Mettez vous sur le côté et coupez le moteur, s’il
vous plaît.
Les contrôles se déroulent sans difficulté, et les
policiers laissent repartir les deux conducteurs.
Juliette
Obriot