Afin d’éviter au maximum l’accident, les consignes
sont strictes au départ:
la randonnée est réservée aux patineurs confirmés.

 

Patiner tranquille

La Friday night fever est la plus grande randonnée en roller existante. Plus de dix mille rollers et skaters dévalent le bitume tous les vendredis, à partir de 22h, sous le regard ébahi des automobilistes et des piétons. Comment faire pour éviter les accidents et pour que la rando reste une fête?

 
   
 
La tête du peloton devant l'Hôtel de Ville.

epuis près de dix ans, les fans de glisse urbaine ont su s’imposer sur le pavé parisien au départ de la place Raoul Dautry, au pied de la Tour Montparnasse. L’association Paris-Roller, créée en 1998, se charge d’organiser chaque semaine la randonnée, en collaboration avec la préfecture de police. «La randonnée est un espace de liberté, une fête spontanée et populaire. Au fil du temps, on réunit de plus en plus d’adeptes. L’un des ingrédients de notre réussite est sans conteste la sécurité», confie Boris Belohlavek, président de Pari-Roller.

Afin d’éviter au maximum l’accident, les consignes sont strictes au départ : la randonnée est réservée aux patineurs confirmés. Le parcours n’est pas de tout repos, alternant les descentes et les pavés, pendant près de trois heures. Les protections sont recommandées, car nul n’est à l’abri d’une petite chute. Alors à l’heure de partir, tout le monde est équipé ; genouillères, protège poignets et même casques pour les plus prudents. Une dernière gorgée d’eau, une barre de céréales et la foule s’élance à travers la capitale.

Pour assurer la sécurité des milliers de patineurs, les organisateurs travaillent en étroite collaboration avec la préfecture de police et la Sécurité Civile. Cette dernière fournit chaque semaine deux ambulances qui suivent le cortège. Mais aux côtés des patineurs, le staff veille. Ce groupe est chargé, pendant toute la durée du trajet, de surveiller la progression du peloton. Aisément reconnaissables avec leurs chasubles jaunes, ils sont quelques 150 patineurs d’exception, bénévoles, à prévenir les comportements dangereux. «Dès que l’on aborde un carrefour important, ils sont là pour nous avertir, c’est une présence rassurante», dit Cyril, adepte de la randonnée.

Devant pour ralentir les plus rapides, derrière pour presser les traînards, le staff est partout. Même au sein du cortège où le staff en civil déambule, reconnaissable grâce à des badges. «Ils font un peu la police dans le peloton pour éviter les accrochages ou freiner les plus téméraires», assure Marc, accro des sorties du vendredi soir.

Mais nul n’est à l’abri d’une chute. Qu’à cela ne tienne, les secouristes sont là. L’équipe, composée de titulaires d’un brevet de premier secours, arpente la foule pour intervenir, munie d’une trousse de soins. En cas de chute grave, un appel au talkie-walkie et les ambulances suiveuses interviennent.
Une organisation bien rôdée qui permet chaque vendredi, sauf quand il pleut, de patiner en toute tranquillité à travers la capitale. Une formule inédite qui fait de la randonnée le plus grand rassemblement récurrent de roller au monde.

Mélanie Chanvillard


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