«Les boissons et les places sont relativement accessibles, (...) on arrive à accrocher une tranche assez large de la population.»

 

La fête à tarif étudiant

Les soirées étudiantes connaissent un véritable engouement. Aurélien, 22 ans, étudiant en kinésithérapie, en organise régulièrement. Mode d’emploi d’une nuit bon marché.

 
   
 

es soirées étudiantes, et notamment les soirées des écoles de kiné, ont connu une fréquentation accrue ces dernières années. Qu’en est-il aujourd’hui?
La situation a évolué. Désormais, il y a de moins en moins de soirées parce qu’elles sont moins rentables. Les prix de location de salle se sont envolés depuis deux ans. De ce fait, il n’y a plus de soirées toutes les semaines dans des petites salles comme avant.
Aujourd’hui, il est préférable d’organiser des soirées étudiantes toutes les deux, trois semaines mais dans des grandes salles.

Pourquoi? L’objectif est-il de limiter au maximum les dépenses?
Les charges sont importantes. Il faut payer la location de la salle et les vigiles qui vont avec. Pour vous donner un ordre d’idée, avec 600 personnes, on a besoin de six vigiles. Puis, nous devons prendre en charge l’assurance pour la boîte de nuit. Pour s’assurer que la soirée soit une réussite, il est indispensable de trouver un bon DJ et d’acheter les boissons. La commande est énorme car elle doit convenir et satisfaire les centaines de personnes qui vont se précipiter au bar. Mais, l’indispensable, ce qui vient avant toute chose, c’est la communication autour de la soirée. Alors, les places et les affiches sont confiées à une boîte de communication. Enfin, il faut payer la Sacem. Ce sont les droits d’auteur des chansons que le DJ va passer pendant la nuit. On l’oublie souvent mais c’est indispensable.

Comment trouvez-vous les fonds nécessaires à l’organisation?
Nous avons une association, et son budget est donné par les cotisants. A St Maurice, nous sommes dans un établissement public, donc nous ne bénéficions d’aucune aide de la part de l’école. C’est uniquement les cotisations qui nous permettent d’organiser des soirées.

Comment déterminez-vous les dates des soirées étudiantes?
Au début de l’année, toutes les écoles se réunissent et choisissent des dates. Pour nous, il y a huit écoles de kiné, alors on se répartit deux ou trois soirées par écoles.

Quelles sont les étapes qui précèdent la soirée?

Un mois avant, on choisit la boîte de nuit. On fait jouer la concurrence en allant au plus offrant. Quand la salle a été choisie, on lance la production des affiches et des places auprès de l’agence de communication. Les places sont vendues dans les dix jours qui précèdent la soirée dans toutes les écoles et aussi en dehors.

Pourquoi sont-elles organisées le plus souvent le jeudi?
La première raison est que les salles sont moins chères ce jour là. C’était le soir où il y avait le moins de soirées d’organisées, donc on a pris la tranche horaire. L’autre raison, c’est que les étudiants provinciaux rentrent souvent le vendredi en fin d’après midi. Alors pour qu’ils ne soient pas en reste, la fête se fait le jeudi soir. Et puis il nous reste plus qu’un jour à tenir après donc ce n’est pas trop dur.

Côté organisation, comment se déroule la nuit?

Les organisateurs vont à l’avance préparer la salle. Il faut mettre la boisson au bar, organiser le vestiaire, préparer l’entrée. Les tâches sont réparties pour la nuit. Il y a un gérant de bar qui s’occupe de la rotation des serveurs, un gérant de vestiaire et un responsable d’entrée. Ce sont également eux qui programment les animations comme la distribution de cadeaux par exemple.

Pensez-vous que le succès des soirées étudiantes va se prolonger sur les prochaines années?
Oui, d’ailleurs, ça se matérialise par une demande importante. Il arrive que l’on n’ait pas assez de places pour répondre à la demande. Les avantages d’une soirée étudiante sont clairs: on peut faire la fête à bas prix. Les boissons et les places sont relativement accessibles. Voilà pourquoi on arrive à accrocher une tranche assez large de la population et pas seulement des étudiants de l’école organisatrice. Non, les gens viennent de partout.

Propos recueillis par Matthieu Brelle-Andrade


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