«Souvent les gens ne disent pas bonjour, vous parlent mal et partent sans un au revoir ou un merci»

 

La nuit, tous les taxis sont gris

M. Huan est chauffeur de taxi parisien. Immigré chinois, il a choisi de travailler la nuit pour augmenter ses revenus. Il nous raconte son quotidien et son amour pour la capitale.

 
   
 

axi parisien ne signifie pas rouler uniquement dans Paris intra-muros, mais dans toute la petite couronne. Toutefois, lorsque l’on travaille la nuit, il n’est pas évident de couvrir dans tout ce périmètre. M. Huan préfère donc circuler dans la capitale car les courses sont plus nombreuses. «Dans Paris, on est sûr de trouver des clients rapidement, si on va à une borne à l’extérieur de la ville, on trouvera des clients mais moins rapidement», déclare t-il dans un français approximatif.
Il parcourt les nuits parisiennes avec sa voiture japonaise, une berline grise, qu’il a modifiée pour son confort personnel: «J’ai rajouté un coussin pour mon dos, un grip sur le volant car c’est tout de même ma seconde maison !», confie-t-il en souriant. Son sourire il ne le dévoile qu’à présent car les clients ne sont pas toujours sympathiques avec lui: «Souvent les gens ne disent pas bonjour, vous parlent mal et partent sans un au revoir ou un merci», explique M. Huan.

Il est vrai que depuis un certain temps, prendre le taxi devient en quelque sorte une «institution»: les nouvelles lois concernant la sécurité routière et plus spécifiquement la répression de l’alcool au volant motivent les noctambules parisiens à prendre le taxi: «Depuis deux ans, je fais plus de courses la nuit et je traîne plus souvent à la sortie des boîtes de nuits là où on est sûr de trouver du monde à prendre», ajoute M. Huan.

Mais pourquoi travailler la nuit? Qu’est-ce qui le pousse à sillonner les routes de la capitale lorsque le jour se couche? M. Huan nous donne quelques explications qui doivent sans doute être valables pour les autres chauffeurs de taxis: «La première raison est simple, je gagne plus d’argent en travaillant de nuit et ça permet à ma famille de vivre sereinement. La seconde est plus subtile, ce travail me permet d’admirer cette ville d’une autre manière.» C’est vrai qu’en l’écoutant et en regardant autour de nous, on se dit que c’est beau une ville la nuit.

Térence Joubert


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