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Naissance
de 
Le
CFJ (Centre de Formation des Journalistes) et l'INSEP ont créé
en 1987 une formation adaptée aux sportifs de haut niveau intéressés
par le journalisme et la communication. Jacques Marchand, président
le l'Union des journalistes sportifs français (USJSF) était
à l'orogine de cette idée. Il raconte.
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Jacques
Marchand, Président honoraire de l'USJSF. Ancien président
du CFPJ.
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Comment
est venue l'idée de créer la formation Sportcom?
L'idée est née d'un colloque qui avait été
organisé par la Fédération Française de Judo.
Au cours de ce colloque, nous avons examiné le cas d'une judoka
évoluant à cette époque à haut niveau : Céline
Géraud. Jacques Rogge, président du CIO, parlait des difficultés
qu'avaient les sportifs de haut niveau à suivre des études
et à préparer une carrière professionnelle. Céline
Géraud rencontrait déjà ces difficultés. Elle
voulait devenir journaliste et après avoir eu son concours, elle
avait obtenu son accès dans une école. Mais cet organisme
l'a renvoyée parce qu'elle ne pouvait pas suivre tous les cours
(elle était très prise par ses entraînements). Ce
qui m'a frappé l'esprit, c'est que Céline Géraud
se destinait au métier de journaliste.
A ce moment-là, j'étais le président du Centre de
Formation des Journalistes (CFJ) et je me suis dit qu'il fallait trouver
une solution. J'en ai donc parlé avec Claude Bouquin, le directeur
de l'INSEP de l'époque, pour essayer de résoudre ce problème
avec le mouvement sportif. J'avais l'avantage de bien m'entendre avec
Nelson Paillou, président du Comité National Olympique et
Sportif Français (CNOSF), lui-même universitaire et très
bon pédagogue. Il a parfaitement compris la situation. Il était
d'accord pour trouver un moyen de favoriser les sportifs encore en activité,
devant aussi préparer leur reconversion.
De fil en aiguille, nous avons
fait grandir ce projet. La formation de "Technicien supérieur
de l'information et de la communication dans le sport" a été
créée le 7 avril 1987, par une convention signée
entre le Directeur de l'INSEP et le Directeur du CFJ en ma présence.
Les deux établissements se sont engagés à élaborer,
conduire et gérer en commun un cycle d'études de trois ans
pour des sportifs de haut niveau inscrits sur la liste du Ministère
de la Jeunesse et des Sports (Elite, Senior, Jeune).
Une de nos premières inscrites, puisqu'elle s'était trouvée
à l'origine de la chose, a été Céline Géraud
elle-même. Cette même année, on a eu aussi les surs
Ewanje-Epée et Aldo Canti, qui a été pendant longtemps
le responsable de la communication à l'INSEP après avoir
obtenu son diplôme de Sportcom. J'ai eu un coup de chance énorme
de me retrouver dans une situation où j'avais les moyens d'agir
au CFJ et à l'INSEP avec des gens qui m'ont aidé à
réaliser ce programme.
Comment
l'équipe pédagogique a-t-elle été mise en
place?
Il était
impossible de faire comprendre et admettre le programme d'un sportif de
haut niveau à un formateur normal. L'enseignant ne comprend pas
qu'on puisse partir avant l'heure ou être absent, partir quinze
jours à l'étranger pour une compétition, revenir
et repartir le mois suivant. A partir de là, on s'est dit qu'il
fallait trouver des enseignants dans notre propre milieu, autant que possible
parmi les journalistes et les journalistes " sport ".
Donc nos camarades et membres des associations, habitués à
cette vie, ont été sollicités. N'importe quel journaliste
de sport le sait et le comprend. Il a donc fallu qu'on se transforme nous-même
en enseignants et en formateurs. Il y a évidemment deux sortes
d'enseignants qui pouvaient comprendre cela : les journalistes sportifs
qui vivaient déjà un peu cette vie là, et les enseignants
un peu exceptionnels qui sont ceux de l'INSEP. La raison d'être
de cet institut est en effet d'apporter un complément de culture
à des sportifs, en leur permettant de continuer leurs carrières.
Ce mariage est né des
liens d'amitiés que j'avais avec Nelson Paillou, enseignant lui-même.
Moi aussi, j'avais été enseignant au CFJ avant d'en devenir
le président. J'ai vu passer beaucoup d'étudiants qui travaillent
aujourd'hui dans la presse sportive, j'ai donc fait appel à ceux
que je connaissais. J'étais sûr des enseignants car ils avaient
reçu une formation au CFJ. Ca n'a pas posé de problème
avec l'INSEP car il y avait déjà des enseignants sur place.
Le Ministre des Sports de l'époque, Roger Bambuck, avait rêvé
de ça quand il était lui-même athlète. Il voulait
devenir médecin. Ensuite, il a pensé rentrer à L'Equipe
mais il n'avait pas trouvé de structure d'accueil. Donc quand on
lui a proposé le projet Sportcom, il l'a approuvé. Il est
venu au CFJ puis il nous a très vivement encouragé. C'est
le seul qui soit vraiment venu nous voir. Le premier responsable de Sportcom
a été Alain Dufay. Deux ans plus tard, Claudine Leray devenait
la responsable pédagogique de Sportcom. Puis Ghislaine Bambuck
lui a brillamment succédée pendant huit ans, avant de céder
sa place à Françoise Verschaere. J'ai voulu passer moi-même
le relais à mes anciens élèves comme Gérard
Ejnès et Gilles van Kote, aujourd'hui responsable pédagogique
de Sportcom. Tout ça s'est fait naturellement.
Quelles
difficultés avez-vous rencontrées pour mettre ce projet
sur pied?
Nous avions
pour objectif d'apporter notre concours à une formation de jeunes
qui voulaient s'orienter aussi bien dans le journalisme de sport que dans
la communication. Les fédérations avaient besoin de cette
formation pour leurs athlètes. Les structures pédagogiques
ont été relativement faciles à mettre en place du
moment où on avait le personnel à notre disposition. Le
plus dur a été de s'occuper des structures administratives.
Il a fallu se battre avec les autorités. Le grand mérite
revient à Ghislaine Bambuck, qui s'est énormément
investie dans cette formation. Les autorités ont mis trois ans
pour reconnaître le diplôme Sportcom. Il a également
fallu se battre pour introduire cette formation dans les fédérations.
Et encore maintenant, j'ai l'impression que les fédérations
n'ont pas compris elles-même l'intérêt qu'elle pouvait
en tirer de Sportcom. C'est dommage car cette filière a été
créée pour l'élite de leurs équipes.
Comment
définissez-vous le but de la formation Sportcom?
Le but est
d'amener vers notre profession des gens qui ont la compétence technique,
mais aussi la pratique que les journalistes n'ont pas toujours. On veut
réaliser l'harmonie entre les deux. C'est-à-dire : comprendre
ceux qui vivent le sport de haut niveau, et leur apporter une pour en
faire des journalistes complets. C'est pour aussi contrebalancer la fonction
de consultant. Un consultant n'est pas un journaliste en soit. Il complète
le journaliste sur la connaissance technique de son propre sport. Nous
voudrions que ce soit la même personne qui remplisse les deux fonctions.
Dans
notre esprit, cette formation Sportcom, c'est un peu idéaliser
l'image et la définition même du journaliste de sport, c'est
le rendre plus complet qu'il ne l'était dans le passé et
qu'il ne l'est encore. J'ai vu des responsables sportifs de l'étranger
venir expliquer lors d'un colloque qu'ils prenaient leurs athlètes
en charge pour leurs études. En France, on le fait depuis 10-15
ans mais personne ne le revendique vraiment. Je n'ai pas entendu un seul
dirigeant le dire. Si tous les métiers faisaient ce que les journalistes
de sport font, les sportifs de haut niveau seraint sûrs de sortir
avec un diplôme en poche une fois leur carrière terminée.
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